11/03/19: Retour à Ameskroud

Le lundi, nous rencontrons le président de l’Université d’été, Lahoucine Bouyaakoubi, également enseignant chercheur à l’Université d’Agadir et ayant travaillé sur la construction des images et des représentations des berbères dans les sources coloniales françaises. En peu de mots, il est une mine d’informations pour nous et l’entretien se révèle être extrêmement intéressant et utile au projet, de par ses connaissances sur l’histoire et la culture amazigh, mais aussi pour son engagement politique pour la reconnaissance des Amazigh au Maroc. Il nous conseille de ne pas tomber dans l’exotisme et de bien faire attention à ne pas reproduire quelque chose qui a déjà été fait. Durant la fin de notre séjour, il restera un de nos interlocuteurs privilégiés, nous offrant son aide pour la conception du plan de l’exposition notamment.

Au cours de ces trois dernières semaines, nous rencontrons également Rachid Bouksim, ancien directeur du festival de cinéma amazigh, militant et journaliste radio. Son point de vue sur la place du cinéma amazigh dans le monde mais surtout ses anecdotes en tant que journaliste sur une radio amazigh nous donne d’autant plus de contenus pour le documentaire que nous mettrons à disposition aux côtés de l’exposition.

Les activités continuent à Ameskroud, bien que les garçons manquent à l’appel. Pour la dernière semaine, nous organisons un concours de talents pour les jeunes filles du Dar Taliba. Chant, danse, poésie, théâtre, peinture et cuisine sont au programme, les filles participent, tant dans leur numéro que pour la mise en place du concours et la décoration. C’est donc sur une note joyeuse que nous terminons la première partie de notre mission, avec la certiture que nous reviendrons un mois plus tard, après avoir passé notre première semaine de vacances à Marrakech, avant de revenir le 7 avril en France.

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3e semaine à Tikki: 04/03/19-10/03/19

Notre lundi se révèle riche en rendez-vous, Monsieur El Maintaguy nous donne les coordonées du président de l’Université d’été d’Agadir, Lahoucine Bouyaakoubi, ainsi que l’ancien directeur du festival de cinéma amazigh, Rachid Bouksim. Le rendez vous avec Saïd Aoubraim ne pouvait pas mieux se passer, sa vision en tant qu’artiste de la culture amazigh nous permet de penser l’amazighité sur un nouvel angle.

En effet, cela fait plusieurs semaines que nous cherchions un angle d’attaque pour l’exposition. Devrions nous nous focaliser sur l’histoire du peuple amazigh, sur les revendications politiques, ou sur la culture au sens restreint (dans le cinéma, la musique, les bijoux, l’art,…) ? Saïd nous a éclairé sur la possibilité, si ce n’est de tout faire, d’au moins inclure ces thématiques, mais que l’histoire et la géographie étaient nécessaires pour comprendre qui étaient les Amazigh. S’ensuit notre rendez vous avec la conservatrice du musée qui nous a manifesté son intérêt pour notre projet en nous proposant son aide pour la recherche d’archives et de photographies pour l’exposition. De fait, elle organise une nouvelle exposition chaque mois et pourra sans aucun doute nous aider dans la mise en place de l’exposition, à Nantes du moins.

C’est notre dernière semaine à Tikki, elle se termine par le vendredi 8 mars, que l’association du Dar Taliba dédie à la remise de prix aux jeunes filles et aux femmes travaillant au Dar Taliba, pour leurs notes, leur ancienneté, leurs résultats en sport, etc… C’est avec surprise que nous découvrons qu’ils nous ont également prévu un prix pour les 3 semaines passées à organiser des activités. Nous recevons nos médailles et nos dictionnaires d’arabe, très touchées par tant de gentillesse. Dans l’heure qui suivit les filles vinrent tour à tour nous dire au revoir, nous offrant au passage cadeaux, bijoux, accessoires et livre. Nous quittons le Dar Taliba avec un peu de tristesse mais avec l’espoir d’y revenir en mai!

2e semaine à Tikki: 25/02/19-03/03/19

Grâce à l’exposition que nous sommes allées voir au musée du patrimoine amazigh, nous avons pu avoir les coordonnées de plusieurs personnes que nous avons pu contacter en ce début de semaine. La météo est bien plus clémente, le temps s’est réchauffé, pas autant qu’à Tiznit, aux portes du désert, où nous sommes allées ce week-end, mais suffisament pour lancer les activités sans perdre nos doigts.

En ce qui concerne les activités, la musique et les bracelets brésiliens font fureur au point que nous soyons obligées de limiter les places. La météo le permettant, nous découvrons les environs d’Isk, la commune de Tikki, avec Mme Iga et Aïsha, les cuisinières du Dar Taliba. Les paysages sont à couper le souffle, ce Dar TAliba offre un cadre de travail plus que plaisant, les habitants y sont adorables, de même que les filles et les garçons du Dar Talib/Dar Taliba. Grâce à Ibrahim, l’économe du Dar Taliba, nous rencontrons le professeur d’Histoire Géographie avec qui nous enregistrons notre premier entretien pour notre projet. Il nous apprend que la langue amazigh n’est plus enseignée dans la majorité des écoles mais que certaines font le choix de la proposer en parallèle avec l’apprentissage de l’arabe. De même, si les élèves apprennent l’histoire du Maroc, ils n’ont qu’un seul cours de civilisation amazigh et ne connaissent donc que très peu leur histoire.

Le projet avance bien, puisque nous avons rendez vous dès le lundi suivant avec la conservatrice de musée du patrimoine amazigh, ainsi qu’Abdellah El Maintaguy, le responsable culturel de la municipalité d’Agadir et le photographe que nous avons rencontré la semaine dernière, Saïd Aoubraim. Nous passons donc à nouveau le week-end sur Agadir.

1ère semaine à Tikki: 18/02/19-24/02/19

Quel froid! Nous sommes passées de notre week-end à Agadir où il faisait 25 degrés aux 5 degrés de la commune de Tikki, Isk, où nous logerons pendant 3 semaines dans les montagnes du Souss Massa. Le paysage est grandiose, les cascades d’Imouzzer ne sont pas loin, la vallée du paradis avec sa palmeraie non plus, notre environnement de travail est clairement incroyable. Pour la première fois depuis notre arrivée il pleut, nous l’accueillons presque avec joie, cela faisait tellement longtemps! La brume et le froid donnent une ambiance particulière au Dar Taliba, nous semblons être les seules à mourir de froid, alors que les jeunes filles nous voyaient comme des personnes aguerries par la météo française. Clairement, nous ne nous y attendions pas.

La semaine se passe globalement comme la première semaine d’activités à Ameskroud, nous travaillons avec Djamilla, la fille du directeur de l’association du Dar Taliba, Latifa, la directrice et Ibrahim, l’économe. Nous décidons rapidement que Latifa et Ibrahim animeront l’atelier théâtre, du fait de la barrière de la langue infranchissable pour cet atelier. Beaucoup de filles s’inscrivent, mais là où nous avons été le plus suprises, c’est le nombre de garçons prêts à s’inscrire à l’atelier d’écriture, activité exclusivement féminine à Ameskroud.

Le projet avance, nous avons rendez vous avec le consul le vendredi matin, puis avec la conservatrice du musée de la culture amazigh à Agadir (que nous n’avons finalement pas pu rencontrer). Entre temps, Ibrahim nous introduit auprès d’un prof d’histoire géographie du collège avec qui nous avons pu avoir un entretien sur ce qu’il pensait, en tant que professeur, de l’enseignement de l’histoire amazigh, quasi inexistante et sa vision de l’identité amazigh dans le monde d’aujourd’hui.

Le consul nous a invité à participer à une JDC qu’il organise pour tous les jeunes français recensés au Maroc, sur un bateau de la marine nationale afin de présenter les différents types de volontariat. A priori, le consul connaît mal les associations promeutant les droits des amazigh mais se renseignera pour nous. Nous nous rendons le soir même au musée de la culture amazigh pour une exposition d’un artiste amazigh, un photographe qui a capturé les lieux reconstruits où le tremblement de terre de 1960 a été le plus dévastateur. Si par manque de disponibilité nous ne pouvons que prendre rendez vous uhn autre jour avec la conservatrice du musée, nous rencontrons en revanche d’autres associations, à la mémoire des disparus du séisme de 1960, mais aussi d’association en faveur des droits des amazigh. Notre rencontre la plus intéressante fut surement avec le photographe de l’exposition, Saïd Aoubraim, qui a voyagé au Maroc et dans le monde entier, et qui nous invite le lendemain à une cérémonieen hommage à ses photographies, au Maroc d’une part, mais surtout à sa série de photos sur le Tibet récompensée par des prix aux Etats Unis. Nous avons également pu rencontrer le responsable de la culture de la municipalité d’Agadir, qui nous donne rendez vous pour nous introduire à toutes les associations d’Agadir.

Nous passons le week-end à Agadir, en faisant un crochet par Tiznit, au sud d’Agadir, aux portes du desert. Magnifique petite ville typique de la région, elle est surtout connue pour ses magasins de bijoux amazigh, bien que nous ayons trouvé que les babouches étaient en plus grand nombre que les bijoux. Il y fait très chaud, nous n’y restons que peu de temps, afin de rentrer à temps pour la cérémonie en hommage à Saïd Aoubraim.

3e semaine d’activités à Ameskroud: 11/02/19-17/02/19

La semaine s’est globalement bien passée, les activités sont toujours autant fréquentées et deviennent des spectacles pour celles qui n’y participent pas. La mixité s’est plus faite, surtout en ce qui concernait le sport, le football semblant les rassembler mieux que n’importe quelle activité. Avec l’aide d’Hafida, les activités se déroulent bien et nous réussissons à nous comprendre, surtout pour l’atelier d’écriture où sa présence est indispensable pour la traduction des articles des jeunes filles. Notre activité fil rouge de cette semaine fut la construction d’un livre d’abord,puis l’écritude de recettes typiquement marocaines qu’Hafida pourra emporter avec elle en France et compléter par des recettes françaises.

Cela fait maintenant plusieurs semaines que nous sommes installées, le programme est mis en place, et malgré quelques erreurs d’emplois du temps, il fonctionne, il est temps de penser au projet personnel que nous souhaitons monter durant ce séjour au Maroc. Cela fait quelques temps que nous remarquons l’importance de la culture amazigh dans cette région du Maroc, nous rencontrons de plus en plus de personnes qui ne parlent que le tachlahit, l’un des dialectes amazigh, de personnes qui nous disent de ne pas utiliser le mot berbère, car il n’existe pas et désigne en réalité les amazigh. Au fur et à mesure nous apprenons l’histoire proche du peuple amazigh, les revendications de ces dernières années pour se faire reconnaître auprès du Maroc, ce qui nous donne à penser.

Nous avons finalement décidé de porter le sujet de notre projet sur la promotion de la culture amazigh afin d’à terme, organiser une exposition à Nantes. Nous décidons d’aménager notre emploi du temps, afin de consacrer plus de temps au projet, en prévoyant le lundi et le vendredi libres pour rencontrer les associations, démarcher les musées, les archives, les médias locaux.

Nous passons le week-end à Agadir, où nous prenons rendez vous avec les responsables du musée de la culture amazigh et surtout, commençons à travailler sur nos candidatures pour nos futurs masters…

2e semaine d’activités à Ameskroud: 04/02/19-10/02/19

Nous avons rééllement débuté les activités cette semaine. Bon, le programme ne correspondait finalement que peu aux emplois du temps des filles, là où il était officiellement écrit qu’elles n’avaient pas cours entre 16h et 18h, il s’avérait finalement qu’il y avait des demis groupes, que les heures de l’après midi étaients décalées d’une demi heure, et que le terrain de sport n’était accessible que deux soirs par semaine et jamais en journée. Je pense que nous referons le programme lors de notre 2e passage à Ameskroud, mais en attendant nous nous sommes débrouillées et les filles ont pu faire les activités qui les intéressaient, qu’elles se soient inscrites dès le début, ou en ayant vu ce que nous faisions. Les activités manuelles ont rencontré un franc succès auprès des filles, nous ne voyions que très peu les garçons car ils devaient se déplacer au Dar Taliba et il était difficile de communiquer en avance avec le Dar Talib pour les prévenir chaque jour.

Au programme: bracelets brésiliens, portraits, peinture, ateliers d’écriture, chorale, jeux de société, origamis, béret, football, sans oublier les ateliers de théâtre réalisés par Mhand. L’atelier fil rouge du vendredi fut de se mettre en groupe et trouver des thèmes avec des champs lexicaux de vocabulaire dont nous pourrions avoir besoin pour nous comprendre, autant en français qu’en arabe. Les filles réalisèrent de belles affiches qui vinrent s’ajouter à leur portrait, rendant la salle d’études/ d’activités un peu moins morne.

Nous sommes parties le week-end à Essaouira afin de visiter cette jolie ville de pêcheurs au Nord d’Agadir.

1ère semaine d’activités à Ameskroud: 28/01/19-03/02/19

Cette première semaine s’est somme toute bien déroulée, le contact avec toutes les filles qui sont arrivées au Dar Taliba s’est fait facilement, surtout grâce aux plus âgées que nous avions déjà rencontrées pendant leurs examens. Cela faisait un peu bizarre au début d’être scrutées par des dizaines de paires d’yeux, mais la timidité du début passée, nous découvrîmes vite qu’elles étaient d’une curiosité et d’une énergie sans limite. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles nous ont plus que bien accueillies et l’engouement pour les activités s’est tout de suite fait sentir à la première réunion où nous les avons laissé donné leurs idées, leurs envies. La musique, le sport, le théâtre et les activités ont rencontré un franc succès, et nous avons réussit à réunir un petit groupe de filles intéressées par l’atelier d’écriture pour le blog. Le lendemain nous avons rencontré les garçons du Dar Talib, tout aussi intéressés et curieux de ce que nous pouvions leur proposer.

Après ces réunions, il nous restait à monter un programme qui satisfasse tout le monde, trouver les horaires où les filles qui avient choisit telle ou telle activités était disponible, donc, composer avec la dizaine d’emplois du temps différents. Ce fut long, ce fut prise de tête, mais le programme final semblait garantir à tous un minimum de deux activités. Nous avons fini la semaine par un voyage à Agadir afin d’acheter le matériel pour les activités.

Le bilan de la semaine est positif, au fur et à mesure des jours les filles ont rouvert la malle qui contenait tous les jeux que les français avaient ramené en mars de l’année dernière qu’elles n’osaient pas ouvrir en l’absence des animateurs français. Autant dire qu’elles se passent désormais de notre présence, ce que nous avons considéré comme une petite victoire.

Avec Anaëlle nous avons passé le week-end en bord de mer, au village de Tamghart, près du village de Taghazout, de sa plage sublime et son spot de surf connu dans le monde entier.

Deuxième semaine: à la découverte de la région

Nous avons passé le week-end et le lundi dans la famille d’Abdelhadi et d’Hafida dans un petit village près d’Ameskroud, Agafey. C’était génial, leur famille ont été adorables avec nous et nous ont accueillit comme leurs propres enfants. Niché au pied des montagnes, le village nous a offert de sacrés paysages à photographier.

L’hospitalité de ces familles était sans pareille, nous sommes allées dans la semaine chez Mohammed, le directeur du Dar Talib, et chez Mhand, le surveillant général du Dar Taliba, où nous avons pu goûter un tajine de poisson exceptionnel. C’était incroyable de pouvoir vraiment visiter le Maroc, pas comme dans les guides, pas comme sur les sites de voyage et pas comme des touristes, mais découvrir comment les marocains des campagnes vivaient vraiment, leurs coutumes, leur culture, leurs savoir-faires. Nous nous sommes considérées comme très chanceuses d’avoir pu vivre cette expérience.

Au cours de la semaine nous nous sommes également rendues plusieurs fois à Agadir, visiter le port, le musée de la culture Amazigh et la côte, le très joli village de Taghazout notamment, dont la plage est un des spots de surf les plus connus au monde.

Au cours de la semaine, nous sommes allées visiter les autres structures de Dar Talib et Dar Taliba à Tikki et Immouzer, dans la montagne, où il fait beaucoup, beaucoup plus froid. En passant, nous avons eu l’occasion de découvrir les cascades d’Immouzer, extrêmement belles, le massif montagneux et la fameuse vallée du paradis, dont nous n’avons vu qu’un extrait mais que nous comptons bien découvrir plus en profondeur dans les prochaines semaines.

Enfin, grâce à Abdelhadi et au conseil préfectoral, nous avons pu rentrer en contact avec des associations d’Agadir, SOS village, qui aide des enfants qui n’ont plus de parents ou dont les parents ne peuvent pas s’occuper, une association qui aide les personnes âgées qui n’ont pas de famille et qui leur offre logis et repas et enfin une association qui accueille les enfants des femmes célibataires qui travaillent.

Première semaine au Dar Taliba d’Ameskroud (14/01 – 20/01)

Nous sommes arrivées au Dar Taliba en pleine semaine d’examen pour les 3e année, les autres étant en vacances, il ne restait donc que quelques filles. Les plus jeunes avaient 15 ans et les plus vielles, 17, elles étaient bien plus curieuses que timides et avaient clairement autre chose à faire que des activités avec nous.

Hafida est arrivée le soir même de notre arrivée, Fatima Ezzara le deuxième et nous avons passé les deux semaines ensemble. Nous avons rapidement créer des liens d’amitié et honnêtement, si les filles n’étaient pas là avec nous, la mission n’aurait pas pu se dérouler aussi bien. Les premiers soirs, les filles avaient surtout besoin de cours de soutien en anglais et français et Hafida ayant une licence d’anglais, se chargea de leur donner de petits cours. Anaëlle et moi avons essayé de donner des cours de français, mais très franchement nous n’étions pas très douées. Comment voulez vous expliquer toutes les règles françaises, et toutes les particularités qui dérogent aux règles et qui n’ont aucune logique, alors qu’il vous a fallu une dizaine d’année d’apprentissage, et encore, vous hésitez encore sur les accords du participe passé parfois? Autant dire qu’Hafida a pris le relais lorsque j’ai du cherché sur internet la signification de certains mots que je ne connaissais même pas (le français qu’on apprend ici est un français un peu plus ancien et le vocabulaire assez complexe).

Les examens passés, certaines filles sont restées plus longtemps, l’occasion pour nous de vraiment apprendre à les connaître. Et, malgré notre difficulté à communiquer, nous avons pu obtenir de celles qui parlaient le mieux français des petits cours d’arabe classique, après avoir eu le plus long des cours pour comprendre quelles langues étaient parlées au Maroc. Il faudrait un article entier pour bien expliquer mais pour faire court, les filles ici appartiennent pour la plupart au peuple Amazigh et ont comme langue maternelle le tachlhit parlé par les chleuhs du Souss Massa, la région où nous nous trouvons. Ils apprennent dès tout petit à l’école l’arabe classique, celui qui sert dans les textes officiels et les livres mais que personne ne parle, et leur professeur enseigne en arabe dialectal, celui parlé au Maroc. C’est sûrement l’une des choses qui nous impressionne le plus ici: les enfants apprennent dès le plus jeune âge une autre langue que celle parlée chez eux, puis le français, puis l’anglais et dans les grandes villes, l’espagnol par exemple.

La première semaine s’est passée plutôt tranquillement, nous restions au Dar Taliba, jouions aux jeux que nous avions apporté de France pour les adolescents, nous avons fait des crêpes, du gateau, découvert les fameuses « crêpes milles trous », le couscous du vendredi, les délicieux tajines et le thé dont nous continuons à abuser tous les jours.

13 janvier 2019 : arrivée à Agadir

Après avoir passé quelques semaines auprès des Francas de Loire Atlantique, où nous avons préparé la mission au Maroc, nous avons prit l’avion le 13 janvier à 11h à Nantes direction Agadir. Abdelhadi, le secrétaire général de l’association du Dar Taliba d’Ameskroud, nous avait dit de bien nous couvrir, car il faisait froid au Maroc à cette période. Comment dire que nos parkas se sont révélées bien trop pesantes pour la météo très ensoleillée du Maroc, et les températures d’Agadir, de l’ordre de 25 degrés (c’est finalement la nuit que nous avons comprit leur utilité!).

Abdelhadi, Rajat (qui travaille au conseil préfectoral d’Agadir), Mohamed (directeur du Dar Talib d’Ameskroud qui devait partir quelques semaines après notre arrivée en France pour une formation) et le chauffeur nous attendait à l’aéroport pour nous conduire directement au Dar Taliba d’Ameskroud.

Evidemment, nous ne fûmes pas déçues par l’hospitalité: du thé, des biscuits et du kefta (un plat à base de viande hachée) nous attendaient. Nous avons pu donc rencontrer les deux cuisinières du DarTaliba, Fatima et Fadma qui nous régalent chaque jour par leurs talents de cuisinières et par leurs gentillesses. Quelques filles étaient présentes également puisque, bien que ce soit les vacances, les plus grandes (3e année) avaient des examens toute la semaine. L’occasion pour nous d’apprendre à connaître certaines des filles avant que les 130 demi-pensionnaires habituelles arrivent toutes en même temps.